
Poursuite de la publication des verbatim marquants du procès Sarkozy-Kadhafi avec l’interrogatoire le 13 février de l’ancien argentier de la campagne 2007 Eric Woerth. L’accusation pense qu’il a manipulé les millions en cash de Kadhafi, et Woerth ne reconnait que 35.000 euros dissimulés, selon lui tombés du ciel sous forme de dons anonymes par la Poste ou à l’accueil. Il s’en est dit chagriné et en réalité « victime ».
Le procès de cette extravagante et romanesque affaire doit bien entendu être suivi sur lesjours.fr, qui vient d’ailleurs de vous proposer un quatrième épisode et qui est à même d’explorer les recoins et les personnages du dossier. Ici, je vous proposerai en plus les verbatim des auditions marquantes. Le 13 février, le tribunal a interrogé Eric Woerth, ancien trésorier de l’UMP, de la campagne Sarkozy de 2007, ancien ministre du Budget et du Travail, toujours député de l’Oise aujourd’hui mais passé de la droite à l’orbite macroniste. Poursuivi pour « financement illégal de campagne électorale », il est un personnage important du tableau de la présumée corruption que l’accusation tente de peindre fragment par fragment.
Elle estime avoir assez bien étayé le pacte corruptif noué selon elle en 2005, avec des interrogatoires très révélateurs sur les rencontres secrètes de proches de Sarkozy en Libye (voir précédentes notes de blog de Crocs ici avec Guéant et ici avec Hortefeux), et avec surtout un compromettant écrit retrouvé dans les affaires d’un ex-ministre de Kadhafi mort de manière suspecte en 2012 en Autriche (voir ici le dernier épisode des Jours à ce sujet), couplé à un élément matériel très concret sur des virements d’argent libyen en 2006 au profit du Franco-Libanais Ziad Takieddine, intermédiaire présumé de la corruption supposée, le tout suivi de retraits en cash. Un proche de Sarkozy, Thierry Gaubert, a été mis en difficulté sur cet argent, voir la précédente note.
Cependant, le point faible du dossier pour les trois procureurs est la partie du dossier sur la campagne Sarkozy elle-même, où sont censés s’être déversés les millions de cash de Kadhafi. C’est possible, estime l’enquête de police, mais elle ne se base que sur des extrapolations pour estimer à 250.000 euros le cash utilisé pour les primes en espèces, 450.000 pour les frais, et de six à 20 millions d’euros pour les prestataires des meetings. Matériellement, on a néanmoins recueilli peu d’aveux et établi formellement seulement entre 10.000 à 13.000 euros distribués en cash clandestin et jamais déclaré. Le trésorier Eric Woerth en a reconnu 35.000 . Il doit donc s’en expliquer devant le tribunal ce jeudi. L’accusation voit l’explication comme un gros mensonge, sur l’origine et le montant réel des espèces.
- (La présidente demande à Eric Woerth de venir à la barre, l’interroge d’abord sur son parcours, puis sur les finances de l’UMP, déficitaires de près de dix millions en 2007, et également déficitaires dans une moindre ampleur les années précédentes. Eric Woerth soutient cependant, notes à la main, que le financement de la campagne n’était pas un problème, comme la dotation de l’Etat était importante, que les dons légaux affluaient selon lui et que le parti était assuré d’avoir remboursement de la moitié des dépenses plafonnées, soit environ 10 millions sur 21 millions pour deux tours. La présidente en vient ensuite aux espèces non déclarées. Eric Woerth, poursuivi une première fois dans l’affaire Bettencourt et relaxé au bénéfice du doute en 2015 par le tribunal de Bordeaux n’avait alors jamais évoqué cet argent. Cette fois, il n’en a parlé lors de l’enquête Kadhafi qu’après que la police ait interrogé de très nombreux employés ayant admis avoir reçu des primes en cash non déclarées.)
- (La présidente) Venez-en donc à l’argent en espèces que vous avez détenu au siège de campagne.
- (Woerth) Nous avons reçu des dons anonymes envoyés ou déposés, une dizaine, au QG et en moindre partie peut être au siège de l’UMP. Je peux gloser sur tout cela… mais c’est anonyme.
- (P) C’est cela qui questionne, c’est tout le problème. Avez-vous souvenir du moment du premier don ?
- (W). Non… C’était entre janvier et avril, pendant la campagne.
- (P) Mais par exemple, quand quelqu’un vient déposer une enveloppe, il y a quelqu’un à l’accueil ?
– La personne déposait une enveloppe où il n’y avait rien de marqué, ça partait au service du courrier, qui identifiait la bonne personne.
- (P) – Mais une enveloppe anonyme, à qui c’est remis ?
– Euh, eh bien, à moi au siège de campagne, au service financier pour l’UMP, à Mme (il donne le nom d’une employée décédée depuis, NDCB), qui en fera part à moi.
- (P) – Vous avez parlé de petits paquets… L’enveloppe vous est remise, et alors ?
– Je l’ouvre, j’ai trouvé du liquide. Il n’a pas été utilisé, je l’ai stocké, d’où les 35.0000 euros, environ.
- (P) – Vous n’avez pas compté précisément ?
– Si, j’ai compté. L’instruction a trouvé 11.000 euros de distribués.
- (P) – Le tribunal a calculé d’après les témoignages, ce serait plutôt 13.000 euros.
- W – Derrière ces témoignages, j’ai indiqué que c’était plus.
- (P) – 35.000, c’est l’estimation que vous avez donnée une fois que les employés aient fait état de ces sommes en espèces dans leurs dépositions. Vincent Talvas (directeur administratif et financier de l’UMP, qui dit avoir aussi reçu des dons anonymes au siège du parti, NDCB) donne le même chiffre.
– Parce que c’est la vérité.
- (P) – Je n’ai pas dit autre chose, mais l’hypothèse d’une concertation a été posée. Vous avez su quoi des auditions des employés ?
- (W )– Je n’ai vu personne, je savais que j’avais donné de l’argent en fin de campagne, comme gratification. L’argent était disponible, et n’a pas été utilisé. Donc, en fin de campagne il a été distribué au personnel.
- (P) – Vous aviez donc un petit coffre au siège de campagne. C’étaient des dons importants ?
– 4.000 à 5.000 euros pour le plus gros.
- (P) – Et vous ne vous posez pas de questions ?
– Quelle question je peux me poser ? Honnêtement, je sais pas quoi en faire . Nous n’en avons pas besoin, je le garde et à la fin de la campagne, je me dis ‘je vais le distribuer au personnel, comme gratification’.
- (P) – Il n’y pas eu de consignes pour les dons futurs après le premier don ? La règle légale est l’identification des donateurs.
– Une bonne partie est envoyée par voie postale. Je n’ai pas organisé un système de dons d’espèces. J’aurais dû les rendre , les donner à une association caritative… Je les garde et ne les emploie pas dans la campagne.
- (P) – Vous tenez un carnet, un registre ?
– Pas du tout. Ils étaient stockés bien à part.
- (P) – Vous avez dit dans des chemises à rabat…
– Oui, je crois.
- (P) – Plusieurs chemises ou une seule. ? Le volume ne nécessite pas plusieurs chemises.
– J’ai pris une ou deux chemises, je me souviens pas. C’est exactement comme ça que ça s’est passé.
- (P) – Vous n’avez pas évoqué le sujet avec la commission de contrôle des comptes de campagne ? Puisque par ailleurs vous avez signalé que après une collecte lors d’un meeting le 14 janvier 2007, vous aviez évoqué la question des collectes ? (Woerth a dit au début de l’interrogatoire avoir renoncé aux collectes lors des meetings sur conseil de la commission, car ça posait « trop de problèmes », NDCB) Ce n’est pas une source de discussion ?
– Non, je ne le dis pas à la commission, je considère que l’argent ne sera pas utilisé pour la campagne et il ne l’a pas été, ça ne relève pas de la campagne.
- (P) Est-ce que les primes de fin de campagne font partie de la campagne,… ça, on verra plus tard. Je reviens au memento publié au Journal officiel (elle lit un memento officiel à l’usage du candidat et de son mandataire, rappelant les règles, où il est indiqué qu’il ne peut être accepté plus de 150 euros en espèces par donateur et qu’il faut donner un reçu. Dans les cas exceptionnels de collectes ne permettant pas l’individualisation des dons, il faut justifier des lieux et des circonstances). Ça ne vous a pas alerté sur l’idée de trouver un moyen ?
– Je n’ai pas du tout cet état d’esprit-là. Je reçois des dons anonymes qui dépassent les montants, ils ne relèvent pas de la campagne et ne sont pas utilisés dans la campagne.
- (P) – Ces dons arrivent en plein pendant la campagne. C’est pas pour vous, ni pour M. Sarkozy, on peut penser que c’est pour la campagne.
– Le donateur choisit une manière pas légale, j’extrais ces sommes de la campagne. J’ai pas été obnubilé par ça, on va dépenser 21 millions d’euros, je le rappelle, on fait des milliers de chèques et de virements. C’est un sujet qui nous intrigue, on y répond de la manière la plus pragmatique possible, on va prendre ça comme un pourboire.
- (P) – (La présidente insiste et relit le memento.)
– J’aurais dû faire autrement, on serait pas là en train d’en parler, j’ai essayé de faire au mieux, avec quelque chose d’un peu original, intriguant. Ce n’est pas une dépense de campagne, je le répète.
- (P) – C’est un don de campagne.
– (Il reprend les mêmes explications)
- (P) (Elle lit la déposition de Vincent Talvas, directeur administratif de l’UMP qui assure aussi avoir reçu des dons anonymes d’espèces au siège du parti) Vous en avez discuté ? il a partagé cette idée de les laisser dans un coffre ?
– Je n’utilise pas l’argent à des fins de campagne. Il y a des milliers de problèmes chaque jour dans une campagne. J’aurais pu le mettre dans ma poche, on serait pas là pour en parler, ça a pas été le cas.
- (P) – (Elle reprend la présentation officielle des comptes de campagne Sarkozy et y remarque un détail). Il y a eu trois opérations de virements problématiques et ça a été remboursé. Pourquoi pour le liquide, on ne décide pas quelque chose ?
– Ça a rien à voir. Je n’y pense pas .
- (P) – Dans la déposition de M. Talvas, dans deux phrases à propos des espèces, il utilise le terme de « reliquat ». dans ses dépositions. J’ai mauvais esprit ? Reliquat, c’est quand il reste quelque chose sur un tout… Il n’y avait pas d’autres espèces ?
– Euh, je ne pense pas qu’il voulait dire ça. Mais quel est le volume d’espèces qui a circulé ? La campagne a été financé par des comptes bancaires. Il y a eu les premières collectes ayant rapporté 10.000 euros, les recettes de boutiques 17.000, les chèques à nous même 23.500 (quand on se fait un chèque pour retirer des fonds) des retraits pour défraiements…. Au total, il y a eu 90.000, 93.000 euros d’espèces provenant d’un compte ou reversé. Mais ils sont passés par une armoire. Ils étaient traçables.
- (P) – (Elle relit la déposition de Talvas où il parle de « reliquats de dons en espèces ») Y’a-t-il eu davantage d’espèces ?
– Non, pas du tout. La campagne se termine à toute vitesse, et donc je distribue très rapidement. Aux personnes qui sont encore présentes. (Il explique que Talvas a pris les espèces pour verser aussi des primes au personnel de l’UMP).
- (P) Les dons au siège de campagne et à l’UMP ont été réunis ?
Talvas a apporté l’argent, une partie ou la totalité, au siège de campagne, oui
- (P) – Un témoin dit qu’il y a eu un défilé dans le bureau pour toucher les primes..
– Non, il y a pas eu de défilé, le couloir fait 1,5 m de large. Beaucoup de gens ont reçu des primes. Si on avait versé tellement d’espèces, on aurait pas versé des primes sur salaires par ailleurs. Ça a pas été le cas, on a distribué une somme finie, et quand c’était fini c’était fini. (il détaille le nombre de gens qui ont touché selon lui) (…) C’est fait très vite, c’est pas fait scientifiquement, c’est pas une politique de RH…
- (P) – Comment se fait le choix justement ? (elles détaillent les sommes avouées devant la police, quelquefois 300 par mois, 2000, en une fois, en deux fois, quelques centaines d’euros ici et là, jusqu’à 3000 euros). Pourquoi les disparités ?
– C’est moi. J’ai défini le montant en évaluant le degré d’engagement dans la campagne, y’avait des personnes qui avaient des familles, des enfants. Il n’y pas eu de critère scientifique. On n’est pas dans une multinationale.
- (Ici se déroulent quelques échanges sur ce point sans conclusion réelle)
- (P) Y-a-t-il eu des dons en espèces anonymes en 2002 et 2012 ?
– Non.
- (P) – Uniquement en 2007, alors ?
– Oui.
- (P) (Elle fait état d’autres témoignages d’employés de la campagne, et une en particulier). Elle n’a jamais vu de courrier contenant des espèces.
– Elle a le droit de le dire, c’est la première fois qu’on recevait autant d’espèces. Elle n’a pas ouvert les courriers.
- (P)– Elle était chef du service de la correspondance…
– Les courriers étaient envoyés à la personne concernée ou au service concerné.
- (P) (Elle évoque un registre recensant les courriers reçus mentionné dans la procédure)
– Je ne sais pas si ce registre a existé. (…) C’est un phénomène exceptionnel. On a reç quelques dizaines de milliers d’euros.
- (P) – Et si vous aviez eu 100.000 euros ? Vous auriez procédé comment ?
– Je l’aurais déclaré quelque part, ça devient autre chose. J’avais pas fixé dans ma tête un seuil.
- (P) – Pourquoi encore une fois pas ne pas déclarer cela à la commission de contrôle des comptes de campagne ?
– Ce n’était pas une somme de nature à changer quoi que ce soit à la nature des comptes de campagne. (…) Je l’ai stocké parce que j’ai considéré que c’était juste. Je n’en parle pas à la commission car je n’y pense pas, car je ne pense pas que ça va financer la campagne. C’était anormalement élevé.
- (P) – Justement, quand c’est anormal, on s’en inquiète, non
– Ça se construit au fur et à mesure du temps. Ces billets ont eu un traitement particulier, qui a été de les exclure de la campagne. Ça a été le choix, je pense que j’ai bien fait.
- (P) – Vous aviez déjà été interrogé dans le procédure Bettencourt, pourquoi ne pas en parler à ce moment ?
– Personne ne m’a posé la question. On m’interrogeait sur l’argent Bettencourt.
- (P) Concernant la location d’un coffre par le directeur de campagne, M Guéant. (elle rappelle qu’il a loué un coffre assez grand pour pouvoir s’y tenir debout à la BNP en mars 2007, affirmant qu’il y stockait les discours du candidat. Elle rappelle que dans sa déposition il a d’abord nié les remises d’espèces, puis dit dans l’instruction dit avoir vu des remises d’espèces à la réception du siège de campagne). Un commentaire ?
– Je ne sais pas. Des gens ont pu venir remettre 20 euros au guichet…. Il y a eu très peu d’espèces dans cette campagne, elle s’autofinançait , elle a été très bien financée.
- (P) – Un commentaire sur l’extrapolation à 250.000 euros du total des espèces distribuées (réalisée par un assistant spécialisé lors de l’instruction sur la base d’une moyenne de montant de prime calculée sur les paiements admis, étendue aux employés n’ayant pas admis des remises et qui n’ont pas touché de primes sur salaires, NDCB) ?
– Toutes les extrapolations sont extravagantes. Tout le monde n’a pas reçu de prime, c’et faux. C’est parfaitement assumé. Mais beaucoup de monde a reçu.
- (P) – Sur l’extrapolation des notes de frais payées en espèces, évaluées à total de 450.0000 euros (un autre calcul extrapolant de la même manière sur la totalité des employés les montants de défraiement en espèces non déclarés et reconnus). Un commentaire ?
– C’est encore plus extravagant que l’extravagance. C’est une multiplication des pains extrémement importante. (il lit un document préparé étayant selon lui le fait qu’il n’y a pas tant de frais que l’instruction l’a retenu). Tout ça est fait plutôt à l’économie. C’est une campagne qui dit la vérité sur tout, et qui dit la vérité sur les frais. Et puis, l’argent de Kadhafi qui aurait payé un taxi ou un repas ? On est un peu déphasés….
- (P) – Sur le calcul des meetings et des prestataires. Des commentaires ? Ses éléments ? (L’instruction, comparant les coûts des meetings de 2007 et 2012 et extrapolant à 2007 la fraude avérée de la campagne 2012, estime que 6 à 20 millions de paiements ont pu être dissimulés en espèces. Sarkozy et d’autres ont été condamnés en appel et se sont pourvus en cassation pour 2012) Le tribunal observe que ce n’est pas comparable entre 2007 et 2012 (du fait d’une logistique différente en 2012, NDCB)
– (Il détaille l’organisation financière de la campagne 2007 en disant qu’il a travaillé avec des prestataires habituels pour maitriser les coûts) On était très vigilant sur le coût des choses. On a fait attention à une chose , qu’ils ne nous fassent pas de cadeaux ! (Il souligne que la commission des comptes de campagne a vérifié les comptes sans rien trouver). Ce que nous avons affiché, c’est le coût réel des meetings, je n’en démordrai pas. (Il appelle qu’il y a des fausses factures adressées à l’UMP en 2012 pour couvrir les surcoûts, ce qui n’a pas été retrouvé en 2007)
- (P) – (Elle rappelle le raisonnement de l’instruction et l’extrapolation aboutissant à soupçonner des millions d’euros de paiements en espèces.)
– C’est un raisonnement faux. Si on veut vraiment me dire ‘vos meetings ont coûté en réalité ce qu’a coûté 2012’, faudrait quand même le prouver. Bettencourt, Kadhafi, … ça a a fait l’objet de 14 années de campagnes judiciaires. Il est indiqué très clairement à l’issue de l’instruction Bettencourt comme de celle-là que la police et les juges n’ont pas trouvé le moindre argent chez le moindre fournisseur. Faudrait quand même me dire pourquoi, comment, avec quel fournisseur…. (il fustige les extrapolations – 6 millions ou 20 millions de cash et rappelle que pour la poursuite dans l’affaire Bygmalion concernant la campagne 2012, les dépassements étaient couverts par des fausses factures). Là on parle d’espèces. Comment peut on injecter autant d’espèces sans qu’il y ait la moindre trace au bout de 14 ans d’enquêtes ? Je ne vois pas , je ne sais pas comment techniquement, on peut faire ça sans que ça se voit. A un moment le ciel se déchire.
- (P) – Les 35.000 euros n’ont donc pas été déposés par la famille Kadhafi ?
- (W, souriant) – Je confirme.
- (La présidente donne la parole à un assesseur) Un don anonyme, ça prive d’un bénéfice fiscal, le droit à déduire le don des ses impôts. Je m’interroge sur le pourquoi ?
– Vous me le demandez à moi, je ne sais pas…. Je suis une victime ! Il y a pas 68 millions de gens équilibrés en France. Je n’en sais rien.
- (Après un long échange avec les deux assesseurs puis le parquet qui souligne qu’il est tout à fait possible de dissimuler des paiements dans des campagnes ou des fraudes, les moyens de contrôle de la commission étant si faibles qu’elle doit procéder par sondage, l’audience est suspendue).
Chaque verbatim sera désormais ponctué d’un élément de playlist du procès, extrait ou pas de la playlist élaborée par Les Jours pour cette saga. Aujourd’hui, pour la Saint-Valentin, le tube arabo-funk du Libyen Ahmed ben Ali en 2008, « Damek Majeb » (« Tant que tu l’aimes »)