Le prétendu « Candide » Hortefeux dans l’antre du boucher de Kadhafi

Crocs offre à ses fidèles lecteurs le verbatim du récit d’une autre rencontre d’un proche de Sarkozy avec le « Diable ». Brice Hortefeux, ami de 50 ans de l’ancien président, a en effet rencontré à Tripoli en décembre 2005 Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi et organisateur en 1988 et 1989 de deux attentats à 440 morts. Hortefeux a passé l’audience du 23 janvier à expliquer qu’il avait été victime d’un « traquenard ». L’accusation croit qu’il était venu en fait préparer la corruption.

Le procès de cette extravagante affaire de supposée corruption de la campagne Sarkozy 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi n’est pas relayé comme il mériterait sur tous les grands médias, où Nicolas Sarkozy a encore ses appuis chez les patrons de presse. Il faut bien sûr le suivre avec moi sur Les Jours, où le format permet de brosser l’effarant tableau de ce morceau d’histoire de la France et de l’Afrique, dans toute sa complexité et avec tous les personnages ébouriffants et les épisodes romanesques. Ici, il sera proposé à mes chers lecteurs une autre approche, les verbatim des audiences historiques les plus marquantes, comme si vous y étiez.

Ce jour du 22 janvier, on était avec Brice Hortefeux, né en 1958 à Neuilly, et ami de 50 ans de Nicolas Sarkozy, qu’il a suivi partout, de la mairie de Neuilly dans les années 1980 à l’Elysée et au gouvernement en 2007-2012, où il a été successivement ministre de l’Immigration, du Travail et de l’Intérieur. Le 21 décembre 2005, il est à un rang intermédiaire, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, chargé des Collectivités territoriales. Il se rend ce jour-là en visite officielle à Tripoli en Libye et signe une vague déclaration d’intention commune et un accord sur les collectivités locales, curieux en lui-même puisqu’il n’y a pas vraiment en Libye… de collectivités locales. Puis, le soir, il se rend au domicile d’Abdallah Senoussi, ce qu’on n’apprendra que dans l’enquête ayant donné le présent procès.

Senoussi, beau-frère de Kadhafi et patron du renseignement extérieur, on l’a vu dans une précédente note de ce blog sur le procès, est celui qui a organisé dans tous les détails les attentats à la bombe contre un vol de la PanAm au dessus de Lockerbie en Ecosse en 1988 (270 morts) et contre un autre vol d’UTA en 1989 au-dessus du Niger (170 morts dont 54 Français). Il est condamné à perpétuité par défaut en France et sous mandat d’arrêt international français en 2005, ce qui l’ennuie beaucoup. On sait qu’il a déjà parlé de ce problème lors d’une première rencontre secrète le 2 octobre 2005 avec Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Sarkozy à Beauvau, qui n’en est pas fier mais l’a reconnu à l’audience. Ensuite, Nicolas Sarkozy est venu voir Kadhafi en visite officielle le 6 octobre, et le « Guide » lui a parlé aussi du mandat d’arrêt – c’est reconnu par Sarkozy. Fin novembre, plusieurs documents et dépositions réunis par les enquêteurs montrent selon l’accusation que deux avocats français, Me Francis Szpiner (conseil des familles de victimes du vol UTA) et surtout Me Thierry Herzog (ami de Sarkozy depuis 1981 et leur prestation de serment comme avocats) sont venus à Tripoli discuter du sujet, dressant des pistes juridiques pour faire annuler le mandat d’arrêt (Szpiner conteste avoir été présent, Herzog ne veut pas en parler en invoquant le secret professionnel).

Donc ce 21 décembre 2005, un mois après ces avocats, Hortefeux vient pour l’accusation secrètement parachever le »deal », que le parquet décrit comme un pacte de corruption : les millions de Kadhafi pour la campagne, et en échange on aurait tenté d’escamoter le mandat d’arrêt Senoussi (ou au moins, on aurait fait semblant), avant d’ouvrir ensuite les portes de l’Elysée et des gros contrats à Kadhafi et au régime.

De sa prison actuelle en Libye, Senoussi a appuyé en 2019 ce scénario devant les juges français, expliquant qu’Hortefeux lui avait même remis lors de leur entrevue un document bancaire avec les coordonnées off-shore de Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais par lequel passera de l’argent libyen – la procédure l’a aussi établi. Takieddine aussi a accusé Hortefeux. Et voilà donc Hortefeux à la barre, à raconter la rencontre avec le boucher de Kadhafi, dans la nuit de Tripoli de cette soirée de 2005.

(La présidente Nathalie Gavarino interroge d’abord longuement le prévenu sur la préparation de son voyage. Hortefeux explique qu’il s’est fait remettre des notes par son cabinet mais assure qu’on ne lui a pas parlé de Senoussi dont, dit-il, il ignorait le cas dans les détails. Il est question des premières rencontres officielles de ce 21 décembre 2005 au ministère de l’Intérieur local, la signature des accords, un dîner officiel. Puis arrive la question de la rencontre avec Senoussi.)

  • (La présidente) – Saviez-vous que Takieddine était sur place du 19 au 22 décembre ?
  • (Brice Hortefeux) – Oui, il ma téléphoné, il m’a dit qu’il était sur place, quand j’étais à l’hôtel. Il m’a demandé si tout se passait bien, si je n’avais besoin de rien et si je n’avais pas de modification dans l’emploi du temps. Ça s’est limité à ça.
  • (P) – Il vous tutoie ou vous vouvoie ?
  • (H, hésite) – C’était alternatif dans son mode de fonctionnement.
  • (P) Vous étiez surpris qu’il vous appelle ?
  • (H). Non, je l’avais vu avant.
  • (P) – Parce que votre voyage, prévu initialement mi-novembre, avait été reporté. Comment il l’avait su ?
  • (H) – Pas par moi. Les services libyens ou l’ambassade ?…
  • (P) Il y avait donc une rencontre prévue avec le colonel Kadhafi ?
  • (H) – Le ministre de l’Intérieur me l’avait annoncé à l’aéroport.
  • (P) Ça vous avait surpris ?
  • (H) Oui, j’ai pris comme ça avec une forme d’incrédulité.
  • (P) ça arrive fréquemment pour un ministre ?
  • (H) Ça m’est arrivé ensuite avec Hosni Moubarak en Egypte et Abdulaye Wade au Sénégal.
  • (P). Bien. Puis au cours du dîner donc , avez-vous expliqué (à l’instruction, NDCB) un Libyen vous dit que vous allez rencontrer une personnalité 
  • ….
  • (H) C’ était un dîner avec du monde, des échanges de cadeaux, de toasts. Un Libyen, un officiel francophone, m’a dit que je ne serais pas reçu par le Guide, mais par un membre de sa famille. J’ai pensé à Saïf al islam (fils de Kadhafi, NDTL). C’était la vitrine du régime. On m’a conduit jusqu’à la voiture officielle, et là quelqu’un me dit que c’est Abdallah Senoussi. Dans la voiture, c’est là que je me suis souvenu qu’un membre de la famille Kadhafi était directement impliqué dans l’attentat du DC10. C’est là que j’ai fait le rapprochement.
  • (P) (la présidente rappelle une déposition de Sarkozy où il a dit dit que tout le monde au gouvernement de l’époque et à son cabinet avait été informé par le chef du renseignement français de la situation de Senoussi et avait été mis en garde)
  • (H) J’ai relu les documents de préparation de mon voyage, Senoussi n’apparait pas. Pierre de Bousquet de Florian (patron à l’époque du renseignement, NDTL) ne m’a jamais mis en garde. J’aurais bien aimé qu’on me mette en garde, je connais mon tempérament. On m’aurait mis en garde, je vous garantis que les Libyens étaient pas près de me voir !
  • (P) – Vous êtes seul dans la voiture ?
  • (H) – Je pense qu’il y avait mon officier de sécurité.
  • (P) (La présidente lit la déposition lors de l’enquête de l’officier de sécurité en question, qui a dit qu’il n’était pas présent à ce moment et que s’il avait vécu une telle rencontre en Libye, il s’en souviendrait. Hortefeux maintient qu’il était avec lui).
  • (P) Comment ça se passe sur place ? Vous n’avez pas l’idée de dire ‘je n’y vais pas’ ?
  • (H, après un blanc) Je comprends, madame la présidente, très bien la question… En 2025, l’approche n’est pas du tout la même… En 2005, j’étais un simple ministre délégué en fonction depuis quelques moi, pas un proche du Premier ministre et du Président (Chirac). C’est vrai que je ne me suis pas senti investi d’une autorité suffisante pour créer un affront, un problème diplomatique, remettre en cause ce qui avait été initié . Est-ce une erreur politique ou morale ? Vu d’aujourd’hui, bien sûr que oui. Mais en 2005, sur l’instant, c’est beaucoup plus complexe.
  • (P) – Comment se passe l’entretien ?
  • (H) C’était une maison, son domicile, ça a été extrêmement rapide. Via une interprète, il a dit quelques mots, des banalités. Ensuite c’est Ziad Takieddine qui a pris la parole pour faire la traduction, et là Senoussi m’a parlé de l’immigration, de frontières et de la manière dont l’Europe devait se conduire. (il explique qu’on aurait parlé des chiffres de migrants). Il demandait 500 millions pour que la Libye traite le problème. Ça s’est limité à ça, ça a duré 40 mn traduction comprise. Ziad Takieddine était là avant et après. Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit.
  • (P) La présidente fait état des témoignages qui estiment que cette rencontre n’a pas pu être improvisée ainsi, ironisant sur la position de Hortefeux qui selon eux dit « c’est la faute à pas de chance »).
  • (H) La chance n’a rien à voir là dedans en effet, le hasard n’a rien à voir là-dedans, tout ceci était très clairement organisé. Quand je vous dis que c’était un piège, je comprends très bien qu’on ne me croit pas sur parole, mais on a une avalanche de témoignages qui disent la même chose. (il cite Bousquet de Florian, un conseiller diplomatique, un policier l’ex-ambassadeur ayant raconté avoir connu selon lui des épisodes similaires.) Les Libyens le faisaient régulièrement.
  • (P) Avez-vous été d’une certaine façon sidéré ?
  • (H) Stupéfait, oui. Sidéré… je ne sais quelle est la définition.
  • (P) Vous demandez des explications à Takieddine ?
  • (H) J’étais tellement stupéfait…. Cet entretien a duré très peu de temps. Je me souviens de propos banals, un enchainement. Puis un café et ensuite, je n’ai plus de souvenirs.
  • (P) Quel est votre état d’esprit après ?
  • (H) J’ai très bien compris que je m’étais fait piéger. C’était très clair. J’ai eu la sensation que Takieddine voulait montrer aux Libyens qu’il pouvait leur amener un ministre… Plus qu’un ministre, un proche de Nicolas Sarkozy. Je suis tombé, nous sommes tombés dans un guet-apens. Un piège…. c’est qu’il y’a une raison. Il fallait à M. Takieddine nous afficher, nous utiliser pour démontrer sa crédibilité auprès de l’autorité libyenne afin de lui permettre de réaliser ses interêts personnels et rien d’autre. Ils nous a utilisés comme, j’allais dire, têtes d’affiches et ça permettait de crédibiliser son discours.
  • (P) En avez-vous parlé ensuite à M. Sarkozy ?
  • (H). Non, je n’en ai pas parlé à Nicolas Sarkozy. C’est une attitude humaine.. Par définition, quand on se fait avoir, qu’on en a parfaitement conscience, on ne va pas s’en vanter, le crier sur tous les toits. Surtout, à l’occasion de cette rencontre avec Senoussi, il ne s’est rien passé. S’il s’était passé quelque chose de grave, j’en aurais fait immédiatement part à l’autorité ministérielle de tutelle. (…) J’en ai parlé à Claude Guéant, je ne peux pas vous dire quand. C’est à cette occasion que Claude Guéant m’a dit que, dans des circonstances un peu analogues, un peu identiques, il lui était arrivé la même mésaventure. (il explique ensuite avoir révélé spontanément sa rencontre aux enquêteurs) Qui peut croire un seul instant que si j’avais fait quelque chose de contraire au droit, je l’aurais évoqué moi-même ?
  • (La présidente corrige et fait état d’une déposition antérieure de Takieddine évoquant cette rencontre Hortefeux-Senoussi, ensuite révélée dans la presse avant que Hortefeux l’admette à son tour, puis la présidente relate le fait que Takieddine dit dans cette même déposition que Hortefeux a remis ses coordonnées bancaires off-shore à Senoussi). Est-ce que vous avez remis un document bancaire à M. Senoussi ?
  • (H) Takieddine a été interrogé douze fois sans évoquer jamais un document bancaire. La 13e fois, il l’évoque parce que Senoussi, lui, le dit. Il s’aligne immédiatement. Takieddine est un employé de Senoussi !
  • (la présidente évoque alors le mandat d’arrêt et lui demande s’il était au courant)
  • (H) Je ne savais pas qu’il y avait un mandat d’arrêt. Je ne suis pas un spécialiste de la procédure.
  • (P) Cette visite était un risque pour M. Sarkozy, pourquoi ne pas en parler pour qu’il mesure le problème ?
  • (H) Le rôle d’un collaborateur, ce n’est pas d’être le problème, c’est d’apporter la solution. Je ne voulais pas créer de problème.
  • (P) Quelle a été votre réaction envers Takieddine ?
  • (H) Je ne l’ai revu qu’au bout de un an et demi. J’avais compris qu’il fallait se méfier. Il a cherché à me voir. Je lui ai fait dire par Thierry Gaubert (autre protagoniste de l’affaire proche de Sarkozy et co-prévenu) que je refusais. Il est venu à Clermont-Ferrand me voir, je suis resté de marbre. Je vous le garantis ! (…) La rupture s’est faite quand il y a eu les premiers éléments sur l’affaire Karachi (autre affaire de corruption liée à la présidentielle de 1995 où Takieddine est condamné, NDCB).
  • (il est ensuite longuement question d’un possible autre déplacement en Libye de Hortefeux en novembre 2005, relaté par Senoussi et Takieddine et qu’il nie. Son agenda saisi par la police laisse penser qu’une date pourrait correspondre en novembre 2005 mais Hortefeux avance l’alibi de la préparation d’une émission de télévision).
  • (La président revient alors sur la déposition de Takieddine qui affirme que cette visite Hortefeux de décembre 2005 a marqué le début de la procédure de remise des fonds de corruption, en échange notamment de la promesse de levée du mandat d’arrêt Senoussi. Elle expose que Senoussi a dit aux juges français qu’il avait reçu de Hortefeux une feuille avec des numéros de compte, peut être dans son souvenir en Allemagne et en Grèce, et qu’il a ensuite viré des fonds de la direction du renseignement libyen pour sept millions d’euros, en deux fois. La présidente souligne que Senoussi a aussi affirmé avoir rencontré Hortefeux à une autre réunion officielle où l’enquête a pourtant prouvé qu’il n’était pas présent. La magistrate rappelle qu’on a retrouvé des mouvements de fonds d’un montant inférieur à ceux évoqués par Senoussi mais de plusieurs millions d’euros sur les comptes de Takieddine, provenant en effet du renseignement libyen)
  • (H) – S’il y a eu un document bancaire, je suis sûr que ça ne nous concerne pas.
  • (la présidente passe alors la parole à ses assesseurs puis à l’accusation pour des questions, et un magistrat l’interroge à nouveau sur l’accusation portant sur le relevé bancaire qui aurait été remis à Senoussi)
  • (H) Takieddine, c’est l’obligé, l’employé de la Libye. Le financement, il apparait qu’il est au bénéfice de M. Takieddine.
  • (le procureur évoque alors le déplacement des avocats Mes Szpiner et Herzog avant lui en Libye, où il a été question du mandat d’arrêt de Senoussi)
  • (H). A l’époque, je ne connaissais ni Me Szpiner, ni Me Herzog.
  • (Après d’autres questions, un second procureur se lève) Takieddine était il présent au diner ?
  • (H). Non, je l’ai retrouvé au domicile de M. Senoussi.
  • (Procureur) Vous vous dites « piégé » … mais par qui ? Takieddine, Senoussi ? Les deux ?
  • (H) Je pense que c’est en l’occurrence Takieddine qui avait besoin de démontrer aux autorités libyennes qu’il avait du crédit , pour ses propres affaires. J’ai été candide dans mes relations avec Ziad Takieddine en réalité les années précédentes, pas tant à cette occasion.
  • (Procureur) Si c’était un piège de Takieddine, comment pouvait-il être sûr que vous tomberiez dedans, vu qu’il n’était pas présent au dîner ? Comment savait-il que vous ne refuseriez pas ?
  • (H) Son objectif, c’était de me placer devant le fait accompli. Je peux vous décrire ce que j’ai vécu, plus exactement ce que j’ai subi. Je n’ai pas à répondre pour Takieddine.
  • (Procureur) Comment est-il possible que vous n’ayiez pas l’information sur Senoussi, sur le mandat d’arrêt lancé contre lui ?
  • (H) Je peux simplement produire les documents préparatoires à mon voyage, où ce nom n’apparait pas. (il rappelle les avoir versés au dossier).
  • (Le procureur revient alors sur la déposition de Senoussi qui dit avoir reçu de ses mains un document bancaire)
  • (H) Pourquoi Senoussi parle-t-il d’un document bancaire ? Si je peux aller un peu plus loin, Mme la présidente… Il a perdu le pouvoir, l’argent, la liberté, il croupit en prison et de surcroit découvre en 2016 que rien n’a été engagé pour lever son mandat d’arrêt…
  • (Procureur) C’est donc une vengeance de sa part , nous dites-vous ?
  • (H) D’autant moins crédible qu’on sait qu’en mars 2011 Kadhafi commence à vociférer contre le président Sarkozy et contre la France, et qu’il décède en octobre 2011 et donc ça fait six mois sans que rien n’apparaisse ? M. Senoussi aurait reçu un RIB et il ne l’utiliserait pas à ce moment ?
  • (Procureur) . Lorsque l’intervention militaire occidentale contre le régime Kadhafi est déclenchée, on peut penser que Senoussi et les autres ont d’autres préoccupations et se disent que cette affaire de financement ne changera de toute façon rien à la situation. On y reviendra.
  • (H, rouge et énervé). Oui, on y reviendra mais là, j’ai l’occasion de dire dès maintenant que ça n’a ni queue ni tête, c’est ça la réalité ! C’est une fable, c’est ça la réalité ! On est dans un procès concernant le financement, il n’y a pas encore un seul élément concernant le financement, ça fait trois semaines qu’on est là !
  • (Un troisième procureur pose d’autres questions et en arrive à la thèse de l’accusation contre celle du « traquenard ». Il lit des notes saisies lors de l’enquête chez Takieddine, dont la datation informatique est d’avant décembre 2005 et qui laissent penser que la rencontre avec Senoussi était prévue à l’avance, ainsi que ses enjeux. A ce moment, survient un incident avec la défense, Me Jean-Yves Dupeux, avocat de Hortefeux, estimant que l’accusation ne se base que sur Takieddine, un menteur selon lui, le procureur répliquant ironiquement qu’il n’est pas étonné que les preuves dérangent la défense. On s’invective quelques secondes, la présidente ramène le calme et le procureur formule sa remarque). L’autre thèse, c’est que cette rencontre avait Senoussi était prévue. Que vous saviez parfaitement que ça allait se dérouler….
  • (H) Jamais je n’aurais pris un risque politique aussi majeur que d’aller rencontrer sciemment le responsable de la mort de 54 de nos compatriotes. (…) J’ai été candide, mais candide une seule fois, celle-là ! (il revient sur les multiples variations de Takieddine dans ses dépositions, rappelle qu’il est en fuite au Liban). La parole de Takieddine, vous le prenez comme la parole du primat des Gaules !
  • (La présidente donne alors la parole aux avocats des victimes du DC 10, qui posent des questions. Me Claire Josserand-Schmidt, qui défend une trentaine de famille, se lève).
  • (Me Josserand-Schmidt). M. Hortefeux… ne vous faites-vous pas passer pour plus naïf que vous êtes ?

(Hortefeux répond par la négative. Après d’autres questions des parties civiles et de la défense, l’audience est suspendue et la présidente annonce que les familles des victimes du DC10 seront entendues le lendemain).

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